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Le Hamas exécute trois Palestiniens condamnés pour meurtre

Le Hamas exécute trois Palestiniens condamnés pour meurtre
Dernière mise à jour le 17/07/2012 à 14:34

Les autorités du Hamas, au pouvoir à Gaza, ont exécuté mardi trois Palestiniens condamnés pour assassinat, a annoncé le ministère de l’Intérieur du gouvernement du Hamas.

Ces exécutions effectuées sans l’approbation du président palestinien Mahmoud Abbas ont été vivement condamnées tant sur le plan juridique que des droits de l’Homme par le gouvernement de l’Autorité palestinienne, le Centre palestinien pour les droits de l’Homme (PCHR), basé à Gaza, la France et l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE).

« Conformément à la loi religieuse, à notre religion et aux dispositions de la loi palestinienne (…) trois hommes condamnés pour meurtre avec préméditation ont été exécutés mardi matin par pendaison », a indiqué un communiqué du ministère de l’Intérieur du Hamas.

Selon le texte, qui ne donne que les initiales des condamnés, « ND », « HH » et FW », les autorités ont offert aux parents des victimes la possibilité d’accorder leur grâce aux condamnés en échange d’une compensation financière, « mais les familles des victimes ont demandé l’application de la sentence ».

Dans un communiqué publié le 29 mai, Amnesty International appelait à « une action internationale urgente » pour quatre condamnés à mort à Gaza, citant le nom de Naël Doghmouch, « condamné à mort après avoir, selon sa famille, été +torturé+ pour lui faire +avouer+ un meurtre ».

Le gouvernement du Premier ministre Salam Fayyad, qui administre les zones autonomes de Cisjordanie, a dénoncé dans un communiqué « un verdict prononcé par des tribunaux illégaux au regard de la loi ».

Il rappelle que « l’application de toute peine de mort exige l’approbation du président », outre le fait « qu’une telle mesure est une grave violation des droits de l’Homme ».

Le PCHR, qui condamne également l’exécution pour ces deux motifs, précise dans un communiqué que « le nombre de peines de mort appliquées par le gouvernement de Gaza depuis le début de l’année est maintenant de 6, et s’élève à 14 depuis 2007, 6 sur des chefs de collaboration avec des parties étrangères et 8 pour des affaires de droit commun (meurtres) ».

A Paris, le ministère des Affaires étrangères a condamné la « violation des dispositions pertinentes du droit de l’Autorité palestinienne » et réaffirmé l' »opposition déterminée et constante » de la France « au recours à la peine de mort ».

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, par la voix de son rapporteur néerlandais Tiny Kox, actuellement en visite à Ramallah (Cisjordanie), a aussi condamné dans un communiqué ces « exécutions illégales ».

Le mouvement islamiste du Hamas, qui a pris le pouvoir dans la bande de Gaza en juin 2007, a procédé à ses premières exécutions en avril 2010 avec la pendaison de deux hommes condamnés à mort pour collaboration avec Israël.

L’Union européenne avait exhorté « les autorités de facto » à se « conformer au moratoire de facto sur les exécutions mis en place par l’Autorité palestinienne » du président Abbas, dont le Hamas à Gaza conteste la légitimité.

Selon la loi palestinienne, les personnes condamnées pour collaboration, meurtre ou trafic de drogue sont passibles de la peine de mort.

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