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Syrie : toujours des combats à Damas au lendemain d’un attentat contre le régime

Syrie: toujours des combats à Damas au lendemain d’un attentat contre le régime
Dernière mise à jour le 19/07/2012 à 9:40

Les combats ont repris jeudi à Damas au lendemain d’un attentat qui a frappé de plein fouet l’appareil sécuritaire du régime syrien et a tué trois hauts responsables, dont le beau-frère du président Bachar al-Assad.

Dans la capitale, des centaines de personnes fuyaient jeudi matin la périphérie du quartier huppé de Mazzé, théâtre à l’aube de combats impliquant des hélicoptères et tirs de mortier, par peur d’une opération d’envergure des forces gouvernementales, selon l’OSDH.

Selon cette ONG basée en Grande-Bretagne, cinq soldats ont péri dans ces affrontements et les rebelles ont touché un hélicoptère et détruit des véhicules militaires.

La répression et les combats entre armée et insurgés ont fait mercredi au moins 214 morts, dont 124 civils, 62 soldats et 28 rebelles, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Il s’agit de la journée la plus sanglante depuis le 4 février où plus de 230 personnes avaient péri dans le pilonnage de Homs (centre).

Après l’attentat, les Etats-Unis ont estimé que le régime syrien était en train de « perdre le contrôle de la Syrie » et souligné l’urgence d’une transition politique pour « éviter une guerre civile longue et sanglante ».

A l’ONU, le Conseil de sécurité devait voter jeudi sur un projet de résolution déposée par les Occidentaux menaçant le régime de sanctions, alors que la Russie, alliée de Damas, campe sur ses positions dans son rejet de sanctions.

L’attentat, le premier ayant visé des ministres depuis le début de la révolte en mars 2011, a été revendiqué par l’Armée syrienne libre (ASL, composée en majorité de déserteurs) qui avait annoncé mardi « la bataille pour la libération de Damas ».

Des combats très violents font rage dans la capitale depuis le début du soulèvement contre le régime à la mi-mars 2011.

Les autorités ont parlé d’une attaque « terroriste » mais contrairement aux attentats précédents, aucune image n’a été diffusée par les médias officiels. Tous les accès au bâtiment ayant été bloqués, il était impossible de mesurer l’étendue des dégâts infligés par l’explosion.

L’attentat a visé le bâtiment ultra-protégé de la Sécurité nationale en plein centre de Damas où se tenait une réunion de hauts responsables de la sécurité.

Le ministre de la Défense, le général Daoud Rajha, son vice-ministre, le général Assef Chawkat, beau-frère du président, et le général Hassan Turkmani, chef de la cellule de crise mise en place pour mater la révolte, ont péri dans l’attaque.

L’explosion, dont il n’était toujours pas clair si elle était le fait d’un kamikaze ou non, a aussi blessé le ministre de l’Intérieur, Mohammad Ibrahim al-Chaar, et le chef de la Sécurité nationale, Hicham Ikhtiar, selon une source au sein des services de sécurité.

L’ASL a revendiqué l’attentat et affirmé qu’il s’agissait de « la première d’une série de grandes opérations visant à faire chuter Assad et l’ensemble des piliers et symboles du régime ».

« Nos forces armées sont solides et leur moral est au plus haut. Elles continueront à poursuivre les terroristes jusqu’à ce que le complot visant la Syrie soit écrasé », a déclaré de son côté le nouveau ministre de la Défense, le général Fahd al-Freij.

Les autorités qualifient les rebelles de « terroristes » appuyés par l’étranger.

- Le régime, un « loup blessé » –

Les Frères musulmans, influente composante de l’opposition, ont jugé pour leur part que le régime était désormais « aussi dangereux qu’un loup blessé ».

Le journal du parti au pouvoir, al-Baas, a reconnu jeudi que l’attentat avait « fait mal ».

« Les traîtres, les agents et les mercenaires se font des illusions s’ils pensent que la Syrie va courber la tête face à ce coup, même s’il fait mal », écrit-il.

A New York, le vote sur le projet de résolution occidentale prévu à la base mercredi a été reporté à jeudi matin à la demande de l’émissaire international Kofi Annan qui espérait toujours un compromis avec Moscou, selon des diplomates.

L’ambassadeur français Gérard Araud a affirmé que le cadre des négociations devait être « une résolution sous chapitre VII avec une menace de sanctions ».

Mais la Russie a réaffirmé qu’elle ne pouvait pas accepter de sanctions.

Le Conseil a par ailleurs jusqu’à vendredi soir pour adopter une résolution sur le sort des 300 observateurs de la Mission d’observation de l’ONU en Syrie (Misnus), dont le mandat expire à cette date.

Les Occidentaux veulent assortir son renouvellement de pressions sur Damas et la Russie veut se contenter de prolonger cette mission, qui a été incapable depuis la mi-avril de faire cesser les combats.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a « condamné fermement » l’attentat de Damas et a exhorté « le Conseil à prendre ses responsabilités et à agir de manière collective et efficace ».

Le chef de la mission de l’ONU en Syrie, le général Robert Mood a estimé jeudi que le pays n’était « pas sur la voie de la paix ».

Face à la répression, la révolte populaire s’est militarisée au fil des mois et le pays est désormais en proie à un conflit armé sanglant que le Comité international de la Croix-Rouge a qualifié de guerre civile.

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