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Syrie : Ban appelle les grandes puissances à surmonter leurs « rivalités »

Syrie: Ban appelle les grandes puissances à surmonter leurs « rivalités »
Dernière mise à jour le 03/08/2012 à 22:08

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé vendredi les grandes puissances à surmonter leurs « rivalités » pour mettre fin au conflit en Syrie qu’il a qualifié de « guerre par procuration ».

Sur le terrain, l’armée bombardait les quartiers rebelles à Damas et Alep, théâtre d’une bataille cruciale dans la guerre en Syrie où les insurgés ont pris le contrôle de 70% de la province de Deir Ezzor, principal réservoir pétrolier du pays, limitrophe de l’Irak.

Malgré les violences qui ont encore fait au moins 70 morts, dont 35 civils, 16 rebelles et 19 soldats, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), des milliers de personnes ont manifesté comme tous les vendredis, à Tartous, Idleb (nord-ouest), Deraa (sud), Hama (centre), Hassaké et Alep (nord) où les manifestants ont appelé à « exécuter Bachar ».

Un général de brigade de l’armée du président Bachar al-Assad a par ailleurs franchi vendredi la frontière pour se réfugier en Turquie, portant à 29 le nombre de généraux syriens déserteurs accueillis sur le sol turc, a déclaré une source diplomatique turque.

Dans la deuxième ville du pays, Alep, survolée par des avions et des hélicoptères, de violents combats ont éclaté à Salaheddine, bastion rebelle que l’armée tente de prendre d’assaut, a indiqué l’OSDH.

Selon les habitants, des snipers se sont déployés sur les murailles de la vieille ville. « La citadelle d’Alep est un symbole, c’est l’histoire de nos ancêtres, nous allons l’attaquer si Dieu le veut et nous libèrerons tout le pays », a déclaré dans le dédale de la vieille ville, Abou Mohammad, un rebelle.

« La violence continue de s’intensifier » à Alep où des renforts « considérables » ont été dépêchés pour la « grande bataille », a estimé le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous.

« Guerre par procuration »

Les bombardements n’ont pas empêché les manifestants de descendre par centaines dans les rues, notamment dans le quartier Chaar en scandant « nous voulons exécuter Bachar », « nous voulons la liberté et la paix », a constaté le journaliste de l’AFP.

A Damas, l’armée livrait bataille aux rebelles dans le quartier de Tadamoun, voisin du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk où 21 civils ont été tués jeudi par des tirs d’obus, selon l’OSDH. Des combats ont également éclaté aux abords de l’aéroport militaire à Marj el-Sultane dans la province de Damas.

L’armée avait repris il y a une semaine le contrôle de la capitale et cherche à nettoyer les poches de résistance rebelle.

A Deir Ezzor, « les opposants ont pris le contrôle de toute la province, hormis les villes de Boukamal et Mayadine », où ils ont pris un bâtiment des services de sécurité, a déclaré le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane à l’AFP, faisant état de violents combats et de raids aériens de l’armée.

Mettant à profit les divisions internationales, Damas reste déterminé à en finir avec la révolte lancée en mars 2011, et qui s’est militarisée face à la répression sanglante faisant plus de 20.000 morts en 16 mois selon l’OSDH.

Au lendemain de l’annonce de la démission du médiateur international Kofi Annan, Ban Ki-moon a dénoncé vendredi une « guerre par procuration, avec des acteurs régionaux et internationaux armant un camp ou l’autre » en Syrie.

Estimant que le conflit aurait pu être évité, il a évoqué des prévisions d’experts qui redoutaient il y a 18 mois une « radicalisation, l’extrémisme et le terrorisme » ainsi qu’une « guerre par procuration »: « Toutes ces prévisions terribles ont été confirmées ».

« Les intérêts immédiats du peuple syrien doivent prévaloir sur les rivalités ou les luttes d’influence », a déclaré M. Ban à l’ouverture d’un débat à l’Assemblée générale sur une résolution sur la Syrie.

Moscou et Pékin ont bloqué au Conseil de sécurité trois projets de résolution occidentaux condamnant la répression menée par le régime syrien.

La Russie s’est dite vendredi « très préoccupée » par le « développement dangereux » de la situation en Syrie.

« Les souffrances de la population civile syrienne ne cessent d’augmenter, et la vie à Alep, une ville stratégique à 355 km au nord de Damas, en proie à de violents combats est « partiellement paralysée », a affirmé le ministère russe des Affaires étrangères.

Dans ce contexte, « nous jugeons très important de tout faire pour mettre fin à l’effusion de sang et au meurtre de personnes innocentes », souligne le ministère.

A New York, l’Assemblée générale a adopté à une large majorité une résolution non contraignante dénonçant le pilonnage des villes rebelles par l’armée syrienne et déplorant « que le Conseil de sécurité n’ait pu s’accorder sur des mesures qui obligeraient les autorités syriennes à respecter ses décisions ».

L’ambassadeur syrien à l’ONU Bachar Jaafari a indiqué vendredi que lui-même et sa famille avaient reçu des menaces de mort et en avaient informé les autorités américaines, accusant « les médias d’Arabie saoudite et du Qatar ».

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