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Edito : Excuses de Benkirane. Le véritable débat est ailleurs

Edito : Excuses de Benkirane. Le véritable débat est ailleurs
Dernière mise à jour le 15/08/2012 à 17:28

On s’en prend de toute part au premier ministre pour avoir présenté des excuses au Roi et à ses conseillers. Des analystes politiques de toutes tendances se sont penché sur cette  phrase qui leur a semblé historique et originale. On a été jusqu’à y voir un phénomène constitutionnel.

Que l’opposition cherche la petite bête à Benkirane, cela est compréhensible mais consacrer des pages entières pour débattre d’une phrase anodine, classique dans le langage courant  cela n’est que perte de temps. Qui d’entre nous n’a pas un jour dit à un partenaire, un ami, un confrère “je m’excuse   au cas où l’un quelconque de mes propos  vous aurait offensé ,  cela n’a jamais été mon intention”. Dans le cas de Benkirane nos analystes avisés auraient dû aussi se rappeler toutes les positions défendus par le PJD lors des élections législatives. A plusieurs reprises ils ont affirmé leur attachement à la monarchie et Benkirane lui-même n’a pas cessé d’annoncer qu’il  n’était pas question pour lui de gouverner sans la consultation et l’accord du chef de l’état, le Roi. Alors pourquoi toutes ces sorties médiatiques pour venir lui reprocher ce qu’il a toujours dit et fait.

Par contre le fait majeur qui aurait dû faire couler plus d’encre c’est l’opération de nettoyage des services de police, douane et gendarmerie chargés des frontières du nord. En effet c’est encore le Roi qui prend l’initiative alors que le gouvernement est enfermé dans ses déclarations d’intention de lutte contre Al Fassad et de s’en tenir à l’affichage de quelques listes de bénéficiaires de rentes. La corruption est installée à tous les niveaux de la rencontre des services de l’état avec les citoyens.

Qu’attendent –t-ils  par exemple  pour nettoyer toutes les agences urbaines, les conservations foncières  et les communes dans toutes les affaires concernant l’immobilier et les terrains. Les preuves de la corruption dans ce secteur sont présentes dans  beaucoup de constructions, il suffit de demander aux diverses administrations pourquoi,  dans certains cas, les normes d’urbanisme ne sont pas respectées alors que  les propriétaires ont apparemment reçus les autorisations  et les permis d’habiter. Faudra-t-il encore une intervention royale pour lancer une opération de nettoyage de ce secteur ?.

Un autre sujet sur lequel  le gouvernement doit être interpellé avec  force, c’est la dégradation des échanges extérieurs, la dérive des déficits budgétaires et l’ampleur de la véritable dette publique. La facilité de caisse accordée au Maroc par le FMI pour un montant de  60 Milliards de dirhams sur deux ans, si elle est utilisée, ne permettra  que de cacher les problèmes pour une durée très courte.  Face à cette situation on ne voit aucun programme d’actions énergiques susceptibles de stopper l’hémorragie de nos comptes extérieurs, la diminution de notre endettement public et le retour aux équilibres budgétaires.

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