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Un aller simple pour Mars en 2023, le défi d’une start-up néerlandaise

Un aller simple pour Mars en 2023, le défi d’une start-up néerlandaise
Dernière mise à jour le 16/08/2012 à 16:33

Un aller simple pour Mars financé en faisant de la conquête de la planète rouge un spectacle médiatique inédit : alors que le robot Curiosity fait ses premiers pas sur Mars, une start-up néerlandaise veut y envoyer des hommes dès 2023, bien avant la Nasa.

« La conquête de Mars est l’étape la plus importante de l’histoire de l’humanité », assure à l’AFP Bas Lansdorp, ingénieur en mécanique de 35 ans qui a créé la société « Mars One », déterminé à mener son projet à bien malgré le scepticisme des experts.

Particularité du projet : pas de voyage retour, impossible actuellement d’un point de vue technique, selon Bas Lansdorp.

Il évalue le coût du projet à 6 milliards de dollars (4,78 milliards d’euros), plus de deux fois les 2,5 milliards de dollars de la mission du robot américain Curiosity qui a atterri sur Mars le 5 août pour déterminer si l’environnement martien a été propice à la vie microbienne dans le passé.

La sélection des astronautes, leur vie quotidienne sur Mars et leur voyage de sept mois feront l’objet d’émissions de télévision.

Bas Lansdorp explique avoir eu l’idée du financement du projet en discutant avec le Néerlandais Paul Römer, un des créateurs de l’émission de télé-réalité Big Brother, diffusée pour la première fois en 1999 aux Pays-Bas.

Alors que certains experts s’interrogent sur l’éthique du projet ou sa faisabilité technique, le Néerlandais Gerard ‘t Hoofd, prix Nobel de physique 1999, soutient la start-up néerlandaise et est un de ses ambassadeurs.

« De tout temps il y a eu des aventuriers pour se lancer dans des voyages vers l’inconnu, pensez aux vikings qui sont allés en Amérique, à Christophe Colomb », assure-t-il à l’AFP.

L’ingenieur Lansdorp, qui travaillait auparavant dans l’éolien, reconnaît cependant que de nombreux aspects du projet restent encore à déterminer.

La moitié seulement des missions des grandes agences spatiales depuis 1960 en vue de faire atterrir un robot sur Mars ont réussi : « Mars One » prévoit d’y établir une colonie dès 2023, alors que le président américain Barack Obama a lancé le défi d’envoyer des hommes sur Mars d’ici 2030 seulement.

Bas Lansdorp et son équipe, un physicien, un graphiste industriel et une spécialiste en communication d’entreprise, comptent garder la main sur la « coordination générale » du projet. La réalisation technique sera toutefois confiée à des sociétés privées spécialisées.

Possible… en théorie

En avril 2023, les quatre premiers hommes et femmes poseront le pied sur Mars. Ils seront rejoints par d’autres astronautes (vingt au total en 2033) sur cette planète où la température moyenne est de 55 degrés en dessous de zéro et l’atmosphère composée à 95% de dioxyde de carbone.

Les astronautes installeront la colonie et mèneront des recherches scientifiques, notamment sur d’éventuelles traces de vie. Leur oxygène sera produit à partir de l’eau présente sous forme de glace dans le sous-sol.

« Je pense qu’il y a de nombreuses questions qu’ils n’ont pas examinées assez en profondeur », tempère Chris Welch, professeur d’ingénieurie spatiale à l’Université internationale pour l’espace (ISU), basée à Strasbourg (nord-est de la France).

« D’un point de vue technique, je dirais que c’est du 50/50, en tout cas c’est un essai courageux », souligne M. Welch, qui doute que 6 milliards de dollars puissent être rassemblés « grâce à la télé ».

« Faire atterrir une personne à la surface de Mars… pourquoi pas. Mais faire atterrir quatre personnes et les garder en vie sur place, c’est beaucoup plus difficile », estime Chris Welch, selon lequel la production d’oxygène à partir de glace est « en théorie possible » mais extrêmement incertaine.

Jorge Vago, expert d’un programme d’exploration de Mars de l’Agence spatiale européenne (ESA), assure de son côté que les turbulences à la surface de la planète rouge rendent quasi impossible l’atterrissage de deux appareils au même endroit, comme le prévoit « Mars One ».

« Si un véhicule robotisé doit préparer l’aménagement d’un module habitable ayant atterri à 20 ou 100 kilomètres, il lui sera très difficile de l’atteindre », assure-t-il.

Les éruptions solaires projettent dans l’espace de la matière ionisée qui peut « griller » les astronautes et endommager sérieusement leur vaisseau, met en garde également le scientifique.

Malgré ces doutes, le président de la Société spatiale néerlandaise Gerard Blaauw, qui rassemble les sociétés néerlandaises du secteur aérospatial, soutient lui aussi « Mars One ».

Cité sur le site internet de la start-up de Bas Lansdorp, M. Blaauw qualifie d' »idée visionnaire que celle de combiner les médias et l’aérospatial ».

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