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Entre le Maroc et l’Inde, du potentiel et de la volonté pour bâtir un solide partenariat

Entre le Maroc et l’Inde, du potentiel et de la volonté pour bâtir un solide 
partenariat
Dernière mise à jour le 17/08/2012 à 8:55

New Delhi, 17 Août 2012 (MAP) – Le Maroc et l’Inde, qui entretiennent des relations solides au plan politique, font preuve aujourd’hui d’un engagement ferme pour insuffler une nouvelle dynamique à leur coopération économique et à leurs échanges culturels et humains, en constante évolution depuis la visite de SM le Roi Mohammed VI à New Delhi en 2001.

L’engagement politique affiché de part et d’autre, le potentiel de croissance des deux pays émergents et les multiples atouts qu’offrent leurs civilisations séculaires sont autant d’assises pour donner corps aux nouvelles ambitions rendues encore plus légitimes et pressantes par un contexte de crise financière qui affecte les économies des grands pays et plaide pour un partenariat gagnant-gagnant plus soutenu entre les Etats du sud.

Pour l’ambassadeur du Royaume à New Delhi, Larbi Reffouh, l’accroissement des échanges entre le Maroc et l’Inde est un défi de taille tout a fait réalisable à court terme, Rabat et New Delhi étant animés par la même volonté d’élargir les domaines de coopération et encourager les investissements respectifs.

En l’espace de quelques années, le volume des échanges bilatéraux à tripler pour se situer autour de 1,6 milliard de dollars en 2011, à la faveur principalement du secteur des phosphates et des produits dérivés comme les engrais. Ce domaine est crucial pour l’important secteur agricole indien, ce qui fait du Maroc un contributeur de premier ordre à la sécurité alimentaire de ce grand pays d’Asie peuplé de 1,2 milliard d’habitants.

Les joint-ventures créées à cet effet, tant au Maroc qu’au sud de l’Inde, se présentent aujourd’hui comme un modèle de partenariat sud-sud, a fait remarquer le diplomate marocain dans une interview avec la chaîne de télévision indienne ITMN, diffusée cette semaine à l’occasion de la fête du Trône et du jour de l’indépendance en Inde.

Aujourd’hui, plusieurs investisseurs indiens sont actifs au Maroc, non plus seulement dans le domaine des phosphates, mais aussi dans le tourisme et l’hôtellerie, l’agriculture, les services et les nouvelles technologies d’information, un secteur où le Maroc entend bien tirer profit de l’expertise reconnue de la troisième plus grande économie d’Asie.

L’objectif est d’arriver à améliorer considérablement les échanges entre les deux pays pour atteindre 5 milliards de dollars dans les trois prochaines années , relève le diplomate marocain, lors de l’émission Insight animée par Vickram Bahl, un vétéran du journalisme en Inde qui a vu défiler dans son programme le gotha du monde politique et économique, dont des chefs d’Etats et de gouvernement.

Le diplomate marocain n’a pas manqué, à cette occasion, de rappeler la batterie de mesures incitatives mis en place par le Maroc pour encourager les hommes d’affaires étrangers en vue de s’installer dans le Royaume. Pour les entrepreneurs indiens, le Royaume servira de plate-forme pour conquérir d’autres marchés en Europe, en Afrique subsaharienne ou dans le monde arabe, à la faveur du positionnement géographique stratégique et des accords de libre échanges et de partenariat conclus, entre autres, avec l’Union Européenne, les Etats-Unis ou encore la Turquie et la Tunisie.

Afin de doper la coopération bilatérale, Rabat et New Delhi ont établi une commission mixte chargée notamment de faciliter les investissements et le commerce. La prochaine réunion de cette instance est prévue début 2013.

Aux plans culturel et éducatif, domaine crucial pour stimuler des liens qui remontent, selon les historiens, au 14ème siècle avec le périple d’Ibn Batouta en Inde, il y a lieu de noter un accroissement du nombre d’étudiants marocains dans les universités indiennes et de plus en plus d’initiatives culturelles et artistiques initiées de part et d’autres. L’objectif est de créer, selon les diplomates des deux pays, des passerelles entre deux peuples, certes géographiquement très éloignés, mais qui restent proches à bien égards, notamment de par leur choix en faveur d’un modèle de société démocratique et pluraliste et une économie ouverte.

En recevant récemment à Rabat un groupe d’étudiants marocains ayant bénéficié d’une bourse d’étude en Inde, l’ambassadeur de ce pays, Krishan Kumar, a salué « la solidité » et « l’excellence » des relations entre son pays et le Royaume, tout en insistant sur les perspectives prometteuses offertes aujourd’hui pour les développer dans différents domaines.

« Les relations entre le Maroc et l’Inde sont séculaires, excellentes et solides grâce aux concertations régulières de haut niveau entre les deux pays amis, » avait-il déclaré à la MAP.

Le cinéma indien, réputé par son éclectisme et sa richesse, a marqué l’esprit de générations de marocains et continue encore aujourd’hui à être très suivi et apprécié, nonobstant la barrière de la langue.

Cette année, il sera l’invité d’honneur du festival international du film de Marrakech. Ce prestigieux événement artistique rendra hommage au cinéma hindi, à l’occasion de son centième anniversaire. Du 30 novembre au 8 décembre prochain, une importante délégation d’acteurs, réalisateurs et producteurs indiens, conduite par le célèbre cinéaste Amitabh Bachchan, est attendue dans la ville ocre.

Avec la même conviction exprimée par son homologue marocain à New Delhi, M. Kumar, fraichement installé à Rabat, affirme que l’Inde et le Maroc, qui partagent la même vision à bien des égards, sont en mesure aujourd’hui d’imprimer une nouvelle force à leur partenariat aux plans commercial, économique et culturel.

En ces temps de morosité, ce géant d’Asie se présente aujourd’hui comme partenaire idéal pour le Maroc. Avec des taux de croissance des plus élevés parmi les pays émergents, malgré une récente baisse de régime, l’Inde offre en effet un immense marché et se positionne comme leader dans plusieurs domaines, telles les nouvelles technologies d’information, un secteur prometteur et à fort potentiel érigé en priorité au Maroc. .

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