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Plusieurs villes sous les bombes en Syrie, 4.000 morts en 3 semaines

Plusieurs villes sous les bombes en Syrie, 4.000 morts en 3 semaines
Dernière mise à jour le 24/08/2012 à 21:02

L’aviation et les chars du régime de Bachar al-Assad se sont déchaînés vendredi sur plusieurs bastions rebelles à travers la Syrie où le conflit s’est durci avec plus de 4.000 morts ces trois dernières semaines selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Dans ces circonstances, le nouveau médiateur des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, a déclaré vendredi être « flatté, touché et effrayé » par sa mission, lors d’un entretien avec le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

Les obus et les roquettes se sont abattus sur les provinces de Deraa (sud), Idleb (nord-ouest), Alep (nord), Homs et Hama (centre) et la banlieue de Damas ainsi que Deir Ezzor (est), a précisé l’OSDH.

Au moins 21 personnes, dont 12 femmes et un enfant, ont péri dans l’effondrement de deux immeubles pilonnés par l’armée à Mayadine, dans la province de Deir Ezzor (est), selon l’OSDH. La télévision officielle syrienne a évoqué pour sa part la mort de « dizaines de terroristes » dans cette ville de 55.000 habitants située sur l’Euphrate à 420 km de Damas.

En outre, plus de 50 cadavres de personnes tuées par balles ont été retrouvés ces dernières 24 heures à Damas, à Alep, mais aussi dans différentes régions en proie aux violences.

Les violences se concentrent près de Damas, place forte du régime, et à Alep, poumon économique du pays ravagé par plus d’un mois d’une bataille cruciale pour tous les protagonistes.

« Dans cette zone, la plupart des gens sont partis. Ils sont pauvres, alors ils n’ont pas grand-chose à nous donner. En fait nous essayons d’aider un peu ceux sont qui sont restés. Mais ils nous soutiennent tous », a assuré vendredi un combattant rebelle dans la vieille ville d’Alep.

Malgré l’escalade, les Syriens sont descendus par milliers dans les rues, comme chaque vendredi depuis mars 2011, pour crier leur haine du régime et leur déception face à l’incapacité de la communauté internationale à mettre fin au bain de sang. « Le monde nous dégoûte! » ont crié des manifestants à Deraa.

Le lot quotidien des victimes a atteint 130 morts — 86 civils, 29 soldats et 15 rebelles — vendredi à travers le pays, selon un bilan encore provisoire de l’OSDH, qui s’appuie sur un réseau de militants et de témoins.

Plus de 200.000 réfugiés

Les violences ont atteint un pic en août avec au moins 4.000 morts: « Avant même sa fin, août est le mois le plus meurtrier avec la mort de plus de 3.000 civils armés ou non, de 918 soldats et de 38 déserteurs », a déclaré à l’AFP Rami Abdel Rahmane, président de l’OSDH.

« A ce bilan, s’ajoutent plus de 200 corps qui ont été enterrés sans qu’on puisse les identifier », a-t-il ajouté.

A Alep, « le conflit prend des allures de guerre civile car il y a des clans pro-régime qui se battent contre des rebelles », a-t-il poursuivi.

Il n’est pas possible de confirmer ces bilans de manière indépendante en raison des restrictions imposées aux médias étrangers.

Un journaliste américain indépendant, Austin Tice, 31 ans, entré clandestinement en Syrie, y a disparu depuis plus d’une semaine, selon le Washington Post et le groupe de presse McClatchy, ses plus récents employeurs, inquiets pour sa sécurité.

Depuis le début de la révolte, les violences en Syrie ont fait 25.000 morts, en grande majorité des civils, selon un bilan de l’OSDH, et poussé plus de 200.000 Syriens à fuir dans les pays voisins, selon le Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR).

En Jordanie, les autorités ont annoncé qu’un nombre record de 2.324 réfugiés syriens avaient franchi la frontière dans la nuit de jeudi à vendredi.

En outre, plus de 2 millions de personnes en Syrie ont besoin d’aide, selon le HCR, qui a expliqué que les violences dans le pays même et les affrontements liés à la crise syrienne au Liban voisin compliquaient sa mission.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, a rappelé vendredi que même si les projecteurs médiatiques étaient tournés vers Alep, la situation de Homs restait dramatique.

La ville est « assiégée depuis 80 jours » et des milliers de civils manquent de nourriture et de médicaments. « Les maisons, les abris, les hôpitaux sont bombardés », a insisté le CNS dans un communiqué.

Devant le blocage au Conseil de sécurité de l’ONU entre Occidentaux d’un côté et Russes et Chinois de l’autre, Paris et Berlin ont fait ensemble pression pour que cette instance prenne des décisions au moins sur l’aspect « humanitaire ».

La France a évoqué la possibilité d’instaurer, à des fins humanitaires, une zone d’exclusion aérienne le long de la frontière en Syrie. Une telle zone est militairement faisable, selon des experts qui insistent toutefois sur la nécessité d’un mandat de l’ONU.

L’opposition syrienne réclame la mise en place d’une telle zone en particulier dans le nord, limitrophe de la Turquie, tout en évoquant le modèle de celle qui a aidé, à la fureur de Moscou et Pékin, à renverser le dirigeant Mouammar Kadhafi.

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