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Afrique du Sud : la police a tué de sang-froid à Marikana, affirme un photographe

Afrique du Sud: la police a tué de sang-froid à Marikana, affirme un photographe
Dernière mise à jour le 30/08/2012 à 13:05

La plupart des mineurs grévistes tués le 16 août par la police sud-africaine près de la mine de platine de Marikana (nord) l’ont été de sang-froid, affirme jeudi le photojournaliste Greg Marinovich, qui a passé quinze jours sur place, sur le site d’information Daily Maverick.

Sur les 34 personnes tuées par la police à Marikana, pas plus d’une douzaine ont été abattues sur la colline où a eu lieu la fusillade diffusée en direct à la télévision. Les autres sont mortes dans des rochers à 300 mètres de là, certaines touchées à bout portant, affirme Greg Marinovich.

La seule version officielle à ce jour affirme que les policiers ont ouvert le feu pour protéger leur vie lorsque la foule des mineurs, armés de lances, de machettes et de quelques armes à feu, les a chargés.

La 14e victime n’a pu être qu’exécutée à bout portant contre le rocher où elle est morte, et où figure désormais la lettre « N » laissée par les enquêteurs, explique notamment le photographe sud-africain, qui s’est fait un nom lors de la « guerre des townships » entre l’ANC, le parti zoulou Inkhata et la police au début des années 1990.

« Après avoir passé des journées sur le site de ce massacre sanglant, je n’ai pas besoin de beaucoup d’imagination pour croire que N a supplié qu’on lui laisse la vie sauve en cet après-midi d’hiver », écrit-il, notant qu’il est mort dans un endroit presque entièrement entouré de rochers. « Son tueur ne pouvait pas être éloigné de plus de 2 mètres, la géographie l’interdit. »

« D’autres lettres suggèrent des scénarios aussi morbides », ajoute-t-il: « J et H sont morts à côté l’un de l’autre. Ils n’avaient aucune échappatoire possible et ont dû être abattus à très faible distance. » « Il devient clair (…) que des policiers très armés ont pourchassé et tué les mineurs de sang froid », juge Greg Marinovich. « Une minorité a été tuée lors de l’événement filmé où la police dit qu’elle a agi en état d’autodéfense. Le reste a été un meurtre à grande échelle », ajoute-t-il.

Les événements du 16 août ont fait 34 morts et 78 blessés quand la police a tiré à balles réelles sur les manifestants, alors que des affrontements imputés à de rivalités syndicales avaient déjà fait 10 morts (dont 2 policiers) dans les jours précédents.

Quelque 260 grévistes ont été arrêtés après la fusillade, tandis que les blessés sont également en état d’arrestation.

La police des polices sud-africaine s’est refusée à tout commentaire, d’autant qu’une commission d’enquête spéciale a été chargée de faire toute la lumière sur la mort des 44 victimes de Marikana.

« Je ne peux pas faire de commentaire tant que je n’ai pas lu l’article et parlé aux enquêteurs », a indiqué à l’AFP Moses Dlamini, porte-parole de la Direction indépendante d’enquêtes de la police.

Selon le quotidien The Star, qui citait lundi une source anonyme proche de l’enquête, « les rapports d’autopsie indiquent que la plupart des gens fuyaient la police quand ils ont été tués ». « Un grand nombre d’entre eux ont été abattus dans le dos et les balles sont sorties par leurs poitrines », a ajouté la source, notant que quelques-uns ont été touchés de face.

Lors de la cérémonie en hommage aux victimes le 23 août, Zolani Bodlani, l’un des meneurs des grévistes et survivant de la fusillade, avait raconté que des policiers avaient abattu un homme à terre, l’un d’entre eux disant « il n’est pas mort, finis-le ».

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