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Au festival de Venise, l’industrie du cinéma prédit un rôle croissant d’Internet

Au festival de Venise, l’industrie du cinéma prédit un rôle croissant d’Internet
Dernière mise à jour le 05/09/2012 à 7:52

Les représentants de l’industrie du cinéma présents au festival de Venise prédisent un rôle croissant de l’Internet dans leur secteur, dont les modes de fonctionnement traditionnels sont peu à peu bouleversés.

Des premières de film organisées sur des sites aux jeunes réalisateurs faisant découvrir leur travail grâce au web, les partisans de la Toile affirment qu’elle ne devrait plus être vue comme un lieu dominé par la piraterie mais comme une source potentielle de revenus.

« On peut créer une base de clients sur l’Internet et attirer le public », explique à l’AFP Nawid Sarem de la société Eye on Films, un réseau mondial de festivals de distributeurs installé en France qui s’est allié avec le site de partage de vidéos Dailymotion.

A partir d’octobre, Eye on Films et Dailymotion permettront aux usagers de l’Internet dans des marchés comme le Brésil d’avoir accès à des avant-premières gratuites et de voir en streaming par abonnement des premiers films de réalisateurs indépendants.

« L’Internet n’est pas seulement un outil de communication de masse pour les films commerciaux. Notre but est de convaincre les distributeurs que l’Internet rassemble une multitude de groupes aux intérêts diversifiés », souligne Nawid Sarem.

« Ce sont des consommateurs qui n’ont pas l’habitude d’aller dans des cinémas d’art et essai », ajoute-t-il.

Alors qu’ils se préparaient à lancer leur offre, Eye on Films et Dailymotion ont offert sur l’Internet en France en avril, durant huit heures, la possibilité de visionner le film « Fear of Falling » du réalisateur polonais Bartosz Konopka, qui a été regardé par 5.700 personnes, un chiffre bien supérieur à celui qu’un producteur peut espérer d’une avant-première classique.

70% des spectateurs appartenaient à la tranche d’âge des 15-35 ans.

Plate-forme

L’un des obstacles aux services de vidéo à la demande est que de nombreux internautes ont l’habitude de regarder des contenus piratés gratuitement. Mais selon M. Sarem les distributeurs pourraient encaisser des recettes en organisant des avant-premières gratuites suivies de séances de streaming payantes.

« Nous réalisons que nous ne pouvons pas rendre payants du jour au lendemain les mêmes contenus qui étaient jusqu’ici gratuits et espérer que les habitudes de l’Internet changent », admet-il.

Le streaming de films est déjà largement répandu aux Etats-Unis, mais l’Europe a du mal à rattraper son retard, principalement en raison des réglementations et de la réticence des sociétés de distribution à s’engager sur un secteur potentiellement risqué.

Mais dans une concession à la modernité, la Mostra, doyenne des festivals de cinéma, a proposé cette année pour la première fois la possibilité de voir en streaming payant dix long-métrages et treize court-métrages.

Pour le festival, c’était un moyen « de promouvoir et de soutenir de nouveaux films, en particulier de jeunes auteurs ».

Toujours à Venise, le cinéaste hollywoodien Ridley Scott a lui aussi voulu exploiter les ressources de l’Internet à travers « Your Film Festival », une opération invitant de jeunes cinéastes à soumettre leur travail à travers YouTube.

Les internautes ont sélectionné par vote dix finalistes qui ont été invités à Venise. C’est un Espagnol, David Victori, qui a remporté le prix, d’un montant de 400.000 euros.

Son court-métrage, « The Guillt », a déjà été visionné 160.000 fois sur l’Internet.

« Je crois que YouTube aide les jeunes réalisateurs en leur donnant une plateforme pour montrer leurs films », explique Sean Wilson, un Américain qui a participé à ce concours inédit.

Pour Nawid Sarem, c’est un moyen « de rendre ces oeuvres accessible à un public le plus large possible ».

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