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Des années après la clôture du dossier Belliraj : Résurrection du parti de Mustapha Mouatassim

Des années après la clôture du dossier Belliraj : Résurrection du parti de Mustapha Mouatassim
Dernière mise à jour le 23/09/2012 à 9:06

Le parti dissous Al Badil Al Hadari avait lancé le 2 septembre dernier un appel à ses militants pour organiser le congrès national du parti, dans les locaux du PSU, Parti Socialiste Unifié.

La date du congrès était fixée pour le dimanche 23 septembre à 9h30, mais en fin d’après-midi samedi, un communiqué du Wali de la région du Grand Casablanca à destination du secrétariat général du PSU a changé la donne.

Le PSU y était menacé d’être poursuivi en justice pour avoir l’intention de “mettre ses locaux à la disposition d’un parti dissous, pour l’organisation de son congrès national”.

Mais concrètement, un flou administratif plane autour de la décision de dissolution elle-même. En effet, et selon Mustapha Mouatassim, secrétaire général du parti d’Al Badil Al Hadari, “la décision du ministre de l’Intérieur, à l’époque Chakib Benmoussa, en présence du premier ministre Abbas El Fassi, de dissoudre notre parti a été prise, mais il n’en existe aucune trace dans le bulletin officiel, et aucun procès verbal du tribunal administratif n’a été émis, conformément à la loi sur les partis politiques”.

Un jeu de cache-cache

Les membres d’Al Badil Al Hadari ont été en justice pour faire appel de cette décision, mais leur plainte s’est révélée non recevable. D’après la cour d’appel de Rabat, aucune preuve n’existe pour confirmer la décision de dissolution, et donc juridiquement parlant, le parti n’a pas été interdit!

Mustapha Mouatassim confirme que des confrères lui avaient proposé de changer le nom du parti pour pouvoir poursuivre ses activités, mais cette démarche a toujours été freinée par le ministère de l’Intérieur.

Même sous l’ère Benkirane, le passage par le ministère de l’Intérieur reste incontournable. Selon Mouatassim, “l’actuel chef du gouvernement nous a proposé de patienter afin de trouver une solution”.

Une rencontre est d’ailleurs programmée aujourd’hui avec le ministre de l’Intérieur pour présenter les justificatifs de la dissolution qui date de quatre ans.

“Le ministère de l’Intérieur nous a toujours mis des bâtons dans les roues, et les autorités pensent que nous sommes une source de dérangement”

Mostapha Mouatassim, secrétaire général d’Al Badil Al Hadari

L’interdiction de la tenue dimanche du congrès national n’est pas une première. En juillet dernier, un séminaire organisé par les membres d’Al Badil Al Hadari sous le thème “Pensons le Maroc dans sa diversité” avait également été censuré.

La décision de dissoudre le parti s’était basée sur l’accusation puis l’arrestation de deux membres du parti parmi lesquels son secrétaire général, pour participation au réseau terroriste qu’aurait tenté de monter Belliraj, un islamiste résident en Belgique. Mustapha Mouatassim et son compagnon ont toujours nié toute implication dans cette affaire.

Dans un entretien avec notre journal, Mustapha Mouatassim se considère comme “centriste”, “moderniste”, démocrate, loin des thèses islamistes intégristes et profondément attaché aux valeurs édictées par “la sagesse universelle”. Pour lui le plus grand danger actuellement est l’intégrisme salafiste qui prône la violence. Il se dit attaché à un Islam moderne qui a besoin de s’adapter à notre époque.

Autant de raisons pour lesquelles les autorités n’aiment pas notre positionnement. Pour elles il faut soit être totalement laïque de gauche, soit extrémiste islamiste ou conservateur de droite. Notre concept doit les déranger car ils n’arrivent pas à nous classer.

Mustapha Mouatassim

Les membres d’Al Badil Al Hadari semblent cette fois déterminés à défendre leur droit d’activer leur parti, forts de la grâce royale qui leur a été accordée et qui normalement aurait dû annuler toutes les mesures coercitives prises à leur encontre.

L’affaire Belliraj, un procès qui a abattu un parti politique

Abdelkader Belliraj avait été arrêté en 2008, accusé d’être le cerveau d’un réseau terroriste. Des enquêtes ont montré que le Belgo-marocain était impliqué dans des assassinats en Belgique entre 1986 et 1989, et planifiait avec son réseau des attaques terroristes. 
Les investigations préliminaires ont confirmé, selon le ministre de l’Intérieur d’alors, Chakib Benmoussa, l’implication directe de membres dirigeants du parti “Al Badil al Hadari” et de l’association “Al Haraka min ajli al oumma”,  dont Mustapha Mouatassim, secrétaire général d’Al Badil al Hadari, et Mohamed El Amine Ragala, porte-parole du parti. Ces derniers ont toujours clamé leur innocence et plus de 150 vices de forme ont été relevés par leurs avocats durant le procés.

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