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Surpeuplement dans les universités : La création des nouveaux amphithéâtres peut-elle y remédier ?

Surpeuplement dans les universités : La création des nouveaux amphithéâtres peut-elle y remédier ?
Dernière mise à jour le 20/11/2012 à 10:36

La problématique majeure de la rentrée 2012-2013 résidait dans le flux des nouveaux arrivants dans les universités, qui est deux fois supérieur à celui de la rentrée précédente, selon les estimations du ministère de l’Enseignement supérieur et de la formation des cadres.

Résultat, un encombrement des facultés, dont certaines battent des records en matière de surpeuplement, à l’instar de la faculté des sciences Ben M’sik de Casablanca, qui compte 9.600 étudiants pour une capacité d’accueil de 5.000, selon le doyen, M’hammed Said Kebbaj.  Un engorgement qui met davantage en cause la qualité de l’enseignement prodigué.

Avec l’augmentation accrue des effectifs, le renforcement de la capacité d’accueil devient plus qu’urgent.

On s’attaque au surpeuplement

Afin d’absorber un surplus d’étudiants dans la plupart des universités marocaines, plusieurs mesures ont été prises dont des décisions relatives à l’ouverture de nouveaux établissements.

Le gouvernement a prévu, dans la cadre du projet de loi de Finances 2013, la construction d’environ 24 amphithéâtres, dans différentes universités marocaines, capables d’accueillir 15.900 étudiants.

Sont concernées par cette mesure, les universités Sidi Mohammed Ben Abdellah de Fès, Al Mawla Ismail de Meknès, Mohammed V de Rabat, Ibn Zohr d’Agadir, Hassan II de Mohammedia, Mohammed Ier d’Oujda, Abdelmalek Saadi de Tétouan, et Cadi Ayyad de Marrakech, ainsi que la faculté  Ibn Tofail de Kénitra et la faculté multidisciplinaire de Beni Mellal.

Ce n’est pas suffisant !

Contacté par nos soins, M’hammed Said Kebbaj, doyen de la faculté des sciences Ben M’sik de Casablanca, a salué cette décision qu’il qualifie d’aubaine susceptible de remédier au problème…Mais partiellement.

“C’est une très bonne solution que de construire de nouveaux amphithéâtres. Mais cela reste en deçà de ce qu’il faut vraiment faire pour en finir avec le problème du surpeuplement.”

M’hammed Said Kebbaj, doyen de la faculté des sciences Ben M’sik de Casablanca.

Il a insisté, dans ce sens, sur la nécessité de créer, hormis les amphis, des salles de travaux pratiques et de travaux dirigés, le tout dans les plus brefs délais, avant que la situation ne soit beaucoup plus préoccupante.

Il a souligné, à cet égard, la construction de trois bâtiments depuis 2009, toujours à la traîne dans sa faculté. “S’ils étaient prêts aujourd’hui, une grande partie du problème aurait été résolue”, a-t-il indiqué.

Rappelons que le syndicat national de l’enseignement supérieur a organisé, pour la première fois dans l’histoire du Maroc, une grève nationale, le 8 novembre dernier, pour dénoncer le surpeuplement dans les facultés, entre autres problèmes, et appeler à l’amélioration de la situation de ces établissements.

Surpeuplement à la faculté Ben M’sik

D’après Mohammed Zabari, enseignant à la faculté des sciences Ben M’sik et secrétaire général du bureau local du syndicat national de l’enseignement supérieur, les conséquences du surpeuplement dans sa faculté sont lourdes.
À cause du sur-effectif, les étudiants sont dans l’obligation de se déplacer à la faculté des lettres Ben M’sik pour assister aux cours. Et à fin novembre, les étudiants de 1ère année n’ont pas encore pu réaliser de travaux dirigés ni pratiques.
Pour la même raison de surpeuplement, les contrôles continus prévus ne peuvent être organisés et seul un examen final aura lieu à la fin des cours.
M. Zabari craint également que les professeurs ne soient pas en mesure d’achever le programme prévu pour cette année.

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