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“Marche de la colère” : Les administrateurs haussent le ton

“Marche de la colère” : Les administrateurs haussent le ton
Dernière mise à jour le 07/01/2013 à 10:20

Lasse et désespérée par la politique de la sourde oreille du gouvernement face à ses revendications répétées, l’Union nationale des administrateurs marocains (l’UNAM), fédérant 8.000 administrateurs, descendra dans la rue, samedi 19 janvier à Rabat, dans le cadre d’une “Marche de la colère”.

Placée sous le slogan “Non à la discrimination”, cette marche nationale se veut une protestation des administrateurs contre la non satisfaction de leur dossier revendicatif, qui traîne depuis des lustres.

Revaloriser le corps des administrateurs

De par leur fonction, les administrateurs de la fonction publique sont quasiment partout. Toutefois, ils n’ont pas de statut. Et c’est ce que l’UNAM revendique en premier lieu: un statut.

Contactée par nos soins, Fatema Benaddi, présidente de l’UNAM, considère que celui qui a été promulgué en 2010 est injuste et incohérent.

“À partir de 2010, le gouvernement a décidé unilatéralement, que tous les fonctionnaires, toutes spécialités confondues, pouvaient occuper le poste d’administrateur. Et, c’est inconcevable. Cela fait du grade d’administrateur un fourre-tout”, a expliqué Mme Benaddi en précisant que ce statut était consacré uniquement aux lauréats de l’École nationale de l’administration (ENA).

Pour cette raison, l’Union demande la revalorisation du corps des administrateurs et la révision de leur statut sur la base de l’égalité entre groupes ayant des compétences et assumant des fonctions similaires.

En plus de la revalorisation du statut, l’UNAM revendique également une égalité professionnelle et salariale. Dans ce sens, Fatema Benaddi a rejeté catégoriquement le fait que d’autres cadres de la fonction publique, ayant les mêmes grades et assumant la même tâche que les administrateurs, perçoivent des salaires augmentés.

“La politique salariale gouvernementale est discriminatoire. Je cite, à titre d’exemple, le cas des commissaires judiciaires qui sont, à la base, des administrateurs. Ces derniers perçoivent un salaire augmenté de 5.500 DH nets. L’UNAM exige alors que les administrateurs bénéficient des mêmes avantages sans discrimination.”

Fatema Benaddi, présidente de l’UNAM.

Mme Benaddi a également jugé discriminatoires, les conditions de la promotion professionnelle des administrateurs. Elle a, dans ce sens, donné l’exemple des ingénieurs qui ont le droit de passer un examen professionnel après quatre années d’ancienneté alors qu’un administrateur doit attendre six ans.

La lutte ne date pas d’hier

Cette “Marche de la colère” n’est pas une première. Elle fait suite à une série de sit-in, de grèves et de manifestations qui n’ont jamais eu d’écho auprès du gouvernement.

Dans ce contexte, Mme Benaddi a assuré que l’Union a envoyé plusieurs lettres au chef du gouvernement, au ministère de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration ainsi qu’à celui de l’Économie et des finances pour ouvrir le dialogue. Sans résultat.

Ainsi, Fatema Benaddi a déploré l’indifférence du gouvernement vis-à-vis du dossier revendicatif, “tout à fait légitime”, de l’UNAM, au moment où d’autres corps de la fonction publique voient leur situation s’améliorer et leurs revendications satisfaites.

“Il est injuste que d’autres corps de la fonction publique recouvrent leurs droits et non les administrateurs. C’est de la pure discrimination. C’est notre citoyenneté et notre dignité qui sont touchées. Le gouvernement doit absolument avoir de la considération pour le corps des administrateurs, qui assurent la gestion de la chose publique.”

Fatema Benaddi.

La présidente de l’UNAM a, à cet égard, souligné que l’Union est décidée à aller jusqu’au bout. “Nous sommes déterminés à user de tous les moyens pour avoir gain de cause”, a-t-elle affirmé sur un ton engagé et persévérant, ajoutant que si la marche du 19 janvier n’aboutit pas, l’Union “ira encore plus loin, et ne lâchera pas prise”.

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